<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><link>http://groupe.louisxx.gayattitude.com/</link><title>LOUIS XX</title><description>LOUIS XX</description><dc:language>fr</dc:language><dc:rights>Copyright 2007</dc:rights><dc:date>2007-12-22T18:21:51+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><admin:errorReportsTo rdf:resource="mailto:webmaster@gayattitude.com"/><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] 2 novembre 1755 : naissance de S.M. la Reine...</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20071102074035/2-novembre-1755-naissance-de-s-m-la-reine/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20071102074035/2-novembre-1755-naissance-de-s-m-la-reine/</guid><description>


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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/t/et-in-arkadia-ego/20071102-1449792105472ac623efcad.jpg" width="448" height="599" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Afin de célébrer les brillantes victoires récentes de ses armes, Sa Majesté a décidé cette semaine de donner de grandes fêtes tant au Louvre qu'à Versailles. En effet, Monsieur le Comte de Forbin-Gardanne vient de remporter de farouches victoires sur nos ennemis anglais dans  la Mer Baltique. Depuis la prise d'Almanza le 25 avril dernier, il semble bien que nos armes enfin déroutent l'infâme coalition des ennemis de notre cher roi d'Espagne, petit-fils de notre grand roi.



Mercredi, un brillant carrousel se tint au Louvre à Paris, où le Roi exposait ses dernières acquisitions de peintures italiennes &amp;amp; espagnoles.



Vendredi, Monsieur Marin Marais enchantait le salon d'Hercule de Versailles de ses suites admirables pour la viole.



Monsieur Marais joua comme à son habitude à la perfection sous le merveilleux tableau de Véronèse offert par la République de Venise au Roi.



Samedi, un grand bal paré se déroula dans la grande galerie de Versailles, après que la chapelle eut résonné d'une messe de Monsieur de Boesset, l'ancien maître de la musique de feu la Reine.

Ces fêtes ne furent interrompues que pour le requiem pour Madame de Montespan, trépassée fort brusquement aux eaux de Bourbon à soixante-six ans le 27 mai dernier à trois heures du matin. La Chapelle-Musique exécuta - à plus d'un titre ! - une messe fort sévère à six parties de Monsieur de Bournonville, dont je ne goûtai point la musique.

En toutes ces occasions, la présence de mes chers amis m'apporta beaucoup d'amusements, par leur gaieté &amp;amp; leur esprit. Monsieur de Valmont, toutefois, est fort fâché d'une rente que Monsieur de Beauregard a dilapidé.  Madame de Montrose revenait de mission secrète près l'Empereur. Monsieur Danican-Philidor jouait avec la Grande Ecurie ce dimanche. Mon cousin Monsieur de Sermisy, médecin du Roi &amp;amp; de la Cour, danse parfaitement bien les canaries de Monsieur Marin Marais, qu'il goûte fort. Monsieur le Chevalier du Plessis a offert son bras à Mademoiselle de La Valette, mon incroyable fiancée. Monsieur du Plessis paraît préférer la musique de Monsieur de Boesset à celle de Monsieur Rebel.

Toutes ses fêtes me donnèrent le tournis, cher journal, tant les longs mois de privations dues à la guerre de succession d'Espagne nous avaient spoliés trop longtemps de leur bonheur.

Au milieu de cet automne, voilà comme un printemps pour mon cœur.

</description><content:encoded><![CDATA[Cher journal,<br />
<br />
<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/lebobogentilhomme/20071022-954186199471bd01569d6f.jpg" width="524" height="399" /></div><br />
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Afin de célébrer les brillantes victoires récentes de ses armes, Sa Majesté a décidé cette semaine de donner de grandes fêtes tant au Louvre qu'à Versailles. En effet, Monsieur le Comte de Forbin-Gardanne vient de remporter de farouches victoires sur nos ennemis anglais dans  la Mer Baltique. Depuis la prise d'Almanza le 25 avril dernier, il semble bien que nos armes enfin déroutent l'infâme coalition des ennemis de notre cher roi d'Espagne, petit-fils de notre grand roi.<br />
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<div align="center"><img src="http://evaristedelamotte.free.fr/imagesblog/Architecture/louvre01.jpg"  width="524"></div><br />
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Mercredi, un brillant carrousel se tint au Louvre à Paris, où le Roi exposait ses dernières acquisitions de peintures italiennes & espagnoles.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/lebobogentilhomme/20071022-984693867471bd1b76f87b.jpg" width="309" height="374" /></div><br />
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Vendredi, Monsieur Marin Marais enchantait le salon d'Hercule de Versailles de ses suites admirables pour la viole.<br />
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<div align="center"><img src="http://evaristedelamotte.free.fr/imagesblog/Peinture/veronese-simon.jpg"  width="524"></div><br />
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Monsieur Marais joua comme à son habitude à la perfection sous le merveilleux tableau de Véronèse offert par la République de Venise au Roi.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/lebobogentilhomme/20071022-1260886496471bd31c3151c.jpg" width="524" height="272" /></div><br />
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Samedi, un grand bal paré se déroula dans la grande galerie de Versailles, après que la chapelle eut résonné d'une messe de Monsieur de Boesset, l'ancien maître de la musique de feu la Reine.<br />
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Ces fêtes ne furent interrompues que pour le requiem pour Madame de Montespan, trépassée fort brusquement aux eaux de Bourbon à soixante-six ans le 27 mai dernier à trois heures du matin. La Chapelle-Musique exécuta - à plus d'un titre ! - une messe fort sévère à six parties de Monsieur de Bournonville, dont je ne goûtai point la musique.<br />
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En toutes ces occasions, la présence de mes chers amis m'apporta beaucoup d'amusements, par leur gaieté & leur esprit. Monsieur de Valmont, toutefois, est fort fâché d'une rente que Monsieur de Beauregard a dilapidé.  Madame de Montrose revenait de mission secrète près l'Empereur. Monsieur Danican-Philidor jouait avec la Grande Ecurie ce dimanche. Mon cousin Monsieur de Sermisy, médecin du Roi & de la Cour, danse parfaitement bien les canaries de Monsieur Marin Marais, qu'il goûte fort. Monsieur le Chevalier du Plessis a offert son bras à Mademoiselle de La Valette, mon incroyable fiancée. Monsieur du Plessis paraît préférer la musique de Monsieur de Boesset à celle de Monsieur Rebel.<br />
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Toutes ses fêtes me donnèrent le tournis, cher journal, tant les longs mois de privations dues à la guerre de succession d'Espagne nous avaient spoliés trop longtemps de leur bonheur.<br />
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Au milieu de cet automne, voilà comme un printemps pour mon cœur.<br />
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<div align="right"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/lebobogentilhomme/20060510-136090845244621e3c8904d.jpg" width="106" height="58" alt="" title="" /></div>]]></content:encoded><dc:creator>LeBoboGentilhomme</dc:creator><dc:date>2007-10-22T00:21:12+01:00</dc:date></item><item><title>[LeBoboGentilhomme] Sa dernière lettre</title><link>http://blog.lebobogentilhomme.gayattitude.com/20071016082017/sa-derniere-lettre/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.lebobogentilhomme.gayattitude.com/20071016082017/sa-derniere-lettre/</guid><description>

“Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin. 

C'est à vous, ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère.

Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants. Vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! 

J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! La pauvre enfant ! Je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra.
 
Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur. 

Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer. 
Que mon fils, à son tour, rende à, sa sœur tous les soins, les services que l'amitié peut inspirer.

Qu'ils sentent enfin tous deux que dans quelque position qu'ils puissent se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. 

Qu'ils prennent exemple de nous ! combien dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation ! et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de plus tendres et de plus chers que dans sa propre famille.

Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort. 

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine. Pardonnez-lui, ma chère sœur. Pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. 

Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. 

Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J'aurais voulu les écrire dès le 
commencement du procès, mais outre que l'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps. 

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée et que j'ai toujours professée ; n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'ils y entraient une fois. 

Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'il veuille bien recevoir mon âme, dans sa miséricorde et sa bonté.

Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous ma sœur en particulier, de toutes les peines que sans le vouloir j'aurais pu vous causer ; je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait.

Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis, l'idée d'en être séparée pour jamais, et leurs peines, sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant. Qu'ils sachent, du moins que jusqu'à mon dernier moment j'ai pensé à eux.

Adieu ! ma bonne et tendre sœur ! Puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi. Je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que mes pauvres et chers enfants. 
Mon Dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours ! 

Adieu ! adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un étranger.” 
</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/l/e/lebobogentilhomme/20071016-550302206471457bebd71d.jpg" width="463" height="633" /></div><br />
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“Ce 16 octobre, à quatre heures et demie du matin. <br />
<br />
C’est à vous, ma sœur, que j’écris pour la dernière fois. Je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère.<br />
<br />
Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien. J’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants. Vous savez que je n’existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! <br />
<br />
J’ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! La pauvre enfant ! Je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais pas même si celle-ci vous parviendra.<br />
 <br />
Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer, que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle en fera le bonheur. <br />
<br />
Que ma fille sente qu’à l’âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l’expérience qu’elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer. <br />
Que mon fils, à son tour, rende à, sa sœur tous les soins, les services que l’amitié peut inspirer.<br />
<br />
Qu'ils sentent enfin tous deux que dans quelque position qu’ils puissent se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. <br />
<br />
Qu’ils prennent exemple de nous ! combien dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation ! et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami, et où en trouver de plus tendres et de plus chers que dans sa propre famille.<br />
<br />
Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément : qu’il ne cherche jamais à venger notre mort. <br />
<br />
J’ai à vous parler d’une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine. Pardonnez-lui, ma chère sœur. Pensez à l’âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu’on veut, et même ce qu’il ne comprend pas. <br />
<br />
Un jour viendra, j’espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. <br />
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Il me reste à vous confier encore mes dernières pensées. J’aurais voulu les écrire dès le <br />
commencement du procès, mais outre que l’on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n’en aurais réellement pas eu le temps. <br />
<br />
Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée et que j’ai toujours professée ; n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s’ils y entraient une fois. <br />
<br />
Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu’il veuille bien recevoir mon âme, dans sa miséricorde et sa bonté.<br />
<br />
Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous ma sœur en particulier, de toutes les peines que sans le vouloir j’aurais pu vous causer ; je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait.<br />
<br />
Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J’avais des amis, l’idée d’en être séparée pour jamais, et leurs peines, sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant. Qu’ils sachent, du moins que jusqu’à mon dernier moment j’ai pensé à eux.<br />
<br />
Adieu ! ma bonne et tendre sœur ! Puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi. Je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que mes pauvres et chers enfants. <br />
Mon Dieu ! qu’il est déchirant de les quitter pour toujours ! <br />
<br />
Adieu ! adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un étranger.” <br />
]]></content:encoded><dc:creator>LeBoboGentilhomme</dc:creator><dc:date>2007-10-16T08:20:17+01:00</dc:date></item><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] Le dernière lettre de la Reine (dite &quot;testament&quot;): 16 octobre 1793.</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20071016080012/le-derniere-lettre-de-la-reine-dite-testament-16-octobre-1793/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20071016080012/le-derniere-lettre-de-la-reine-dite-testament-16-octobre-1793/</guid><description>
(Ecrite au matin, vers 4h, à l'intention de Madame Elisabeth, à laquelle elle ne sera jamais remise).



&quot; C'est à vous ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse !

J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! La pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre. Je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle, en feront le bonheur.

Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services, que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et, dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ?

Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort ! J'ai à vous parler d'une chose bien pénible en mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore quelques pensées. J'aurai voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais, outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée. N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas si il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'il y entrait une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe.J'espère que dans sa bonté Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurai pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux.

Adieu ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi : je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu ! Qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. C'est à vous ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous.

Hélas ! La pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre. Je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle, en feront le bonheur. Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services, que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et, dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort !

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible en mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore quelques pensées. J'aurai voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais, outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée. N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas si il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'il y entrait une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que dans sa bonté Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurai pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux. Adieu ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi : je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu ! Qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger.&quot;


</description><content:encoded><![CDATA[<br />
(Ecrite au matin, vers 4h, à l'intention de Madame Elisabeth, à laquelle elle ne sera jamais remise).<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/t/et-in-arkadia-ego/20071016-1682095252471452947b8ee.jpg" width="560" height="483" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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" C'est à vous ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse !<br />
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J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas ! La pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre. Je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle, en feront le bonheur.<br />
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Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services, que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et, dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ?<br />
<br />
Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort ! J'ai à vous parler d'une chose bien pénible en mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore quelques pensées. J'aurai voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais, outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps.<br />
<br />
Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée. N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas si il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'il y entrait une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe.J'espère que dans sa bonté Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurai pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux.<br />
<br />
Adieu ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi : je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu ! Qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. C'est à vous ma sœur, que j'écris pour la dernière fois. Je viens d'être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ses derniers moments. Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien. J'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous.<br />
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Hélas ! La pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre. Je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra. Recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins. Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer, que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie, que leur amitié et leur confiance mutuelle, en feront le bonheur. Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a, elle doit toujours aider son frère par les conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer ; que mon fils, à son tour, rende à sa sœur tous les soins, les services, que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous. Combien, dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et, dans le bonheur, on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : qu'il ne cherche jamais à venger notre mort !<br />
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J'ai à vous parler d'une chose bien pénible en mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. Un jour viendra, j'espère, où il ne sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore quelques pensées. J'aurai voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais, outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le temps.<br />
<br />
Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée. N'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas si il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s'il y entrait une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que dans sa bonté Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps pour qu'Il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurai pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux. Adieu ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver ! Pensez toujours à moi : je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfants. Mon Dieu ! Qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger."<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>Et-in-Arkadia-ego</dc:creator><dc:date>2007-10-16T08:00:12+01:00</dc:date></item><item><title>[TESEO] le  16 octobre 1793</title><link>http://blog.teseo.gayattitude.com/20071016003457/le-16-octobre-1793/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.teseo.gayattitude.com/20071016003457/le-16-octobre-1793/</guid><description></description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/t/e/teseo/20071016-4277376754713ea39e457b.jpg" width="300" height="375" border="1" alt="" title="" /></di<br />
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                   souvenez vous !   le 16 octobre 1793<br />
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              Marie-Antoinette , Reine de France et de Navarre <br />
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                      montait sur l'échafaud révolutionnaire ]]></content:encoded><dc:creator>TESEO</dc:creator><dc:date>2007-10-16T00:34:57+01:00</dc:date></item><item><title>[TESEO] les Ducs d'Anjou aux  invalides</title><link>http://blog.teseo.gayattitude.com/20070919231733/les-ducs-d-anjou-aux-invalides/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.teseo.gayattitude.com/20070919231733/les-ducs-d-anjou-aux-invalides/</guid><description>                  Monseigneur le Prince Louis de Bourbon , Duc d'Anjou , et Madame la Princesse Marie-Marguerite à la messe annuelle  de fondation des invalides dimanche 23 septembre 2007.

                  Chaque année l'institution national des Invalides commémore sa fondation en 1670 par le Roi Louis XIV soucieux de donner à ses anciens soldats un asile digne du sacrifice qui avait été le leur !


                      La messe de fondation a été voulu par Louis XIV . 
Elle est dédiée au repos de l'âme de tous  les pensionnaires qui depuis 330 ans forment une chaine inintérrompue de héros, parfois célèbres, mais le plus souvent discrets , qui ont servi la France .

                 Depuis plus de 20 ans  le Chef de la Maison de Bourbon , invité, assiste à cette messe .

La messe sera célébré à 11h00 , dimanche 23 septembre .</description><content:encoded><![CDATA[                  Monseigneur le Prince Louis de Bourbon , Duc d'Anjou , et Madame la Princesse Marie-Marguerite à la messe annuelle  de fondation des invalides dimanche 23 septembre 2007.<br />
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                  Chaque année l'institution national des Invalides commémore sa fondation en 1670 par le Roi Louis XIV soucieux de donner à ses anciens soldats un asile digne du sacrifice qui avait été le leur !<br />
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                      La messe de fondation a été voulu par Louis XIV . <br />
Elle est dédiée au repos de l'âme de tous  les pensionnaires qui depuis 330 ans forment une chaine inintérrompue de héros, parfois célèbres, mais le plus souvent discrets , qui ont servi la France .<br />
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                 Depuis plus de 20 ans  le Chef de la Maison de Bourbon , invité, assiste à cette messe .<br />
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La messe sera célébré à 11h00 , dimanche 23 septembre .]]></content:encoded><dc:creator>TESEO</dc:creator><dc:date>2007-09-19T23:17:33+01:00</dc:date></item><item><title>[AStoRg] Musique et religion, mélange explosif</title><link>http://blog.astorg.gayattitude.com/20070919163004/musique-et-religion-melange-explosif/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.astorg.gayattitude.com/20070919163004/musique-et-religion-melange-explosif/</guid><description>
Hey! trop cool.  Le pape a boycotté une séance de musique pop chrétienne à Lorette la semaine dernière.  Les organisateurs d'un pélerinage avaient prévu de la lui infliger, un peu comme ils avaient imposé Bob Dylan à Jean-Paul II il y a dix ans.  Mais Benoît XVI est resté à prier dans son oratoire et les a envoyé balader.
Dimanche dernier, le pape a célébré la messe à Vienne sur la superbe musique de la Mariazeller Messe de Haydn.  Son prédécesseur Jean-Paul, qui n'en avait rien à foutre de la musique, n'a présidé qu'une seule performance liturgique d'une messe polyphonique ou classique (c'était, je crois, la très belle messe du Couronnement de Mozart, dirigée par Karajan) pendant tout son pontificat.  Visiblement, Benoît XVI a l'intention de le faire régulièrement.  Youpi, bienvenue à Byrd, Palestrina, Haydn, Mozart et même (soyons généreux) Bruckner.  Pour les détails, voir ici, merci à Sandra Magister.
Enfin, mieux vaut tard que jamais, l'horrible maître des cérémonies du pape Jean-Paul II, Mgr Piero Marini, est admis à faire valoir ses droits à la retraite.  Ouf.  Outre la musique pour ascenseur régulièrement jouée aux cérémonies papales, Marini était le principal responsable des grotesques accoutrements liturgiques, en nylon le plus souvent, dont s'habillait le feu pape qui faisait ainsi preuve à la fois de mauvais goût et d'un manque total de sens du sacré.
Hélas, ne vous réjouissez quand même pas trop tôt, rien de tout cela ne nous annonce la moindre amélioration du niveau pitoyable de la musique sacrée (si on peut même la gratifier de ce terme) que nous inflige le clergé de France.  Notre best-seller national, Jésus, Jésus, Jésus reviens, Jésus reviens parmi les tiens n'est pas près de disparaître de nos oreilles.  Continuez d'emmener vos boules quies à la messe en France.
J'attends vos commentaires.  Surtout lâchez-vous et insultez-moi copieusement, j'aime ça.
</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/a/s/astorg/20070919-169674618546f131f8a6f9e.jpg" width="400" height="200" border="1" alt="" title="" /></div><br />
<p>Hey! trop cool.  Le pape a boycotté une séance de &#8220;musique pop chrétienne&#8221; à Lorette la semaine dernière.  Les organisateurs d&#8217;un pélerinage avaient prévu de la lui infliger, un peu comme ils avaient imposé Bob Dylan à Jean-Paul II il y a dix ans.  Mais Benoît XVI est resté à prier dans son oratoire et les a envoyé balader.</p><br />
<p>Dimanche dernier, le pape a célébré la messe à Vienne sur la superbe musique de la <i>Mariazeller Messe</i> de Haydn.  Son prédécesseur Jean-Paul, qui n&#8217;en avait rien à foutre de la musique, n&#8217;a présidé qu&#8217;une seule performance liturgique d&#8217;une messe polyphonique ou classique (c&#8217;était, je crois, la très belle <i>messe du Couronnement</i> de Mozart, dirigée par Karajan) pendant tout son pontificat.  Visiblement, Benoît XVI a l&#8217;intention de le faire régulièrement.  Youpi, bienvenue à Byrd, Palestrina, Haydn, Mozart et même (soyons généreux) Bruckner.  Pour les détails, voir <a href="http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/166922?eng=y" target="_blank" title="En savoir plus sur le programme liturgique que nous prépare le pape">ici</a>, merci à Sandra Magister.</p><br />
<p>Enfin, mieux vaut tard que jamais, l&#8217;horrible maître des cérémonies du pape Jean-Paul II, Mgr Piero Marini, &#8220;est admis à faire valoir ses droits à la retraite&#8221;.  Ouf.  Outre la musique pour ascenseur régulièrement jouée aux cérémonies papales, Marini était le principal responsable des grotesques accoutrements liturgiques, en nylon le plus souvent, dont s&#8217;habillait le feu pape qui faisait ainsi preuve à la fois de mauvais goût et d&#8217;un manque total de sens du sacré.</p><br />
<p>Hélas, ne vous réjouissez quand même pas trop tôt, rien de tout cela ne nous annonce la moindre amélioration du niveau pitoyable de la musique sacrée (si on peut même la gratifier de ce terme) que nous inflige le clergé de France.  Notre best-seller national, <I>&#8220;Jésus, Jésus, Jésus reviens, Jésus reviens parmi les tiens&#8221;</i> n&#8217;est pas près de disparaître de nos oreilles.  Continuez d&#8217;emmener vos boules quies à la messe en France.</p><br />
<p>J&#8217;attends vos commentaires.  Surtout lâchez-vous et insultez-moi copieusement, j&#8217;aime ça.</p><br />
]]></content:encoded><dc:creator>AStoRg</dc:creator><dc:date>2007-09-19T16:30:04+01:00</dc:date></item><item><title>[nulle-joye-sans-payne] Arrivée (enfin) sur GA du groupe Bottin mondain</title><link>http://blog.nulle-joye-sans-payne.gayattitude.com/20070918182746/arrivee-enfin-sur-ga-du-groupe-bottin-mondain/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.nulle-joye-sans-payne.gayattitude.com/20070918182746/arrivee-enfin-sur-ga-du-groupe-bottin-mondain/</guid><description>Paru pour la première fois en 1903, le Bottin Mondain réunissait alors dans sa liste mondaine 12.000 familles exclusivement parisiennes, sélectionnées sur des critères de prestige social, prestige du nom ou de la fonction.



De 12 000 familles à l'origine, le BM en regroupe 40.000 en 1952, réparties sur toute la France, et 44.020 en 2004.

Il y a eu une modification de la composition sociale de la liste par l'arrivée importante de familles d'origine noble qui de 20 % de l'effectif total en 1914 s'élève à 40 % en 1952 et à 48 % environ depuis 1987.

Aujourd'hui, le BM accueille davantage les personnes que les noms, et plus que les titres, les &quot;valeurs&quot;, même si ce terme est trop galvaudé.

Il se présente comme l'annuaire d'un certain art de vivre, tant matériel que moral, où la famille demeure un point d'ancrage qu'il entend bien maintenir au troisième millénaire, malgré les vicissitudes. Des mentions de plus en plus nombreuses prennent en compte l'évolution des moeurs tout en témoignant d'une certaine éthique.

La fortune ou le snobisme ne sont en aucun cas un critère de sélection.

Le groupe Bottin mondain de GA a donc pour vocation de recenser tous les membres du site qui partagent ces valeurs et dont les parents y sont inscrits.


</description><content:encoded><![CDATA[Paru pour la première fois en 1903, le Bottin Mondain réunissait alors dans sa liste mondaine 12.000 familles exclusivement parisiennes, sélectionnées sur des critères de prestige social, prestige du nom ou de la fonction.<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/n/u/nulle-joye-sans-payne/20070918-17525335046eff698c2c7c.jpg" width="168" height="302" border="0" alt="" title="" /></div><br />
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De 12 000 familles à l'origine, le BM en regroupe 40.000 en 1952, réparties sur toute la France, et 44.020 en 2004.<br />
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Il y a eu une modification de la composition sociale de la liste par l'arrivée importante de familles d'origine noble qui de 20 % de l'effectif total en 1914 s'élève à 40 % en 1952 et à 48 % environ depuis 1987.<br />
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Aujourd'hui, le BM accueille davantage les personnes que les noms, et plus que les titres, les "valeurs", même si ce terme est trop galvaudé.<br />
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Il se présente comme l'annuaire d'un certain art de vivre, tant matériel que moral, où la famille demeure un point d'ancrage qu'il entend bien maintenir au troisième millénaire, malgré les vicissitudes. Des mentions de plus en plus nombreuses prennent en compte l'évolution des moeurs tout en témoignant d'une certaine éthique.<br />
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La fortune ou le snobisme ne sont en <b>aucun</b> cas un critère de sélection.<br />
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Le <a href="http://groupe.bottin-mondain.gayattitude.com/" target="_blank" title="Groupe Bottin mondain">groupe Bottin mondain</a> de GA a donc pour vocation de recenser tous les membres du site qui partagent ces valeurs <b>et dont les parents y sont inscrits</b>.<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>nulle-joye-sans-payne</dc:creator><dc:date>2007-09-18T18:27:46+01:00</dc:date></item><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] 14 septembre 1824 : mort de Louis XVIII</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070914073507/14-septembre-1824-mort-de-louis-xviii/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070914073507/14-septembre-1824-mort-de-louis-xviii/</guid><description>
J'ai déjà écrit au sujet de ce monarque mal compris et mal aimé parce que méconnu...



En ce jour anniversaire de sa mort, je me contente de ce bref memento.
Et le &quot;fan&quot; de Louis XVIII qui est sur GA (il se reconnaîtra!) pourra peut-être rajouter ci-dessous tout le bien qu'il pense de ce monarque intelligent et courageux!

</description><content:encoded><![CDATA[<br />
J'ai déjà écrit au sujet de ce monarque mal compris et mal aimé parce que méconnu...<br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/t/et-in-arkadia-ego/20070914-69768036146ea1cc7e858e.jpg" width="331" height="423" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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En ce jour anniversaire de sa mort, je me contente de ce bref memento.<br />
Et le "fan" de Louis XVIII qui est sur GA (il se reconnaîtra!) pourra peut-être rajouter ci-dessous tout le bien qu'il pense de ce monarque intelligent et courageux!<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>Et-in-Arkadia-ego</dc:creator><dc:date>2007-09-14T07:35:07+01:00</dc:date></item><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] 5 septembre 1638 : naissance de Louis-Dieudonné.</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070905065134/5-septembre-1638-naissance-de-louis-dieudonne/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070905065134/5-septembre-1638-naissance-de-louis-dieudonne/</guid><description>


Vivat Rex in aeternum!

</description><content:encoded><![CDATA[<br />
<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/t/et-in-arkadia-ego/20070905-72816467746de34d40459d.jpg" width="407" height="512" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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Vivat Rex in aeternum!<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>Et-in-Arkadia-ego</dc:creator><dc:date>2007-09-05T06:51:34+01:00</dc:date></item><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] Les Massacres de Septembre: 2 au 7 septembre 1792.</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070902080241/les-massacres-de-septembre-2-au-7-septembre-1792/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070902080241/les-massacres-de-septembre-2-au-7-septembre-1792/</guid><description>
Depuis la veille, des rumeurs sinistres courent la ville. On parle d'une conspiration des aristocrates et des prêtres. On parle aussi d'un massacre général des suspects. Des placards meurtriers signés «Marat» tapissent les murs. L'atmosphère est lourde, il y traîne comme une odeur de sang.

Le journaliste Prud'homme, lié avec Danton, court s'informer près de lui - Tout espèce de mesure modérée est inutile, déclare le ministre. La colère du peuple est à son comble, il y aurait du danger à l'arrêter. Sa première fureur assouvie, on pourra lui faire entendre raison.

Le massacre est donc prémédité Marat l'ordonne, la Commune l'organise, Danton l'approuve. Il veut, en frappant de terreur les électeurs de la Convention prochaine, les détacher des Girondins, les rendre dantonistes.

La boucherie commence avec l'égorgement de vingt-trois prêtres réfractaires à la prison de l'Abbaye par des fédérés marseillais et bretons. Billaud-Varenne, substitut du procureur de la Commune, les pieds dans une boue rouge, s'écrie : « Peuple, tu immoles tes ennemis, tu fais ton devoir i » Maillard, le Maillard du 14 Juillet et des jours d'Octobre, qui se trouve là aussi, dit alors: - Plus rien 'à faire ici, allons aux Carmes.

Une bande, provenant des sections du Luxembourg et des Quatre-Nations, le suit au couvent des Carmes où sont renfermés cent cinquante prêtres insermentés. A l'arrivée des assassins, ils courent s'agenouiller à la chapelle. Ils sont tués à coups de pique, de hache et de bâton. L'archevêque d'Arles meurt en martyr. Sont abattus après lui les deux frères La Rochefoucauld, évêques de Saintes et de Beauvais, le confesseur roi Hébert, le général des Bénédictins Dom Chevreul. Des religieux ont fui dans le jardin. Ils sont traqués d'arbre en arbre, tirés comme un gibier. Bien peu, escaladant les murs, peuvent se réfugier dans les maisons voisines.

Après avoir bu, la horde retourne à l'Abbaye encore pleine de prisonniers. Exécuteur des ordres de Comité de surveillance, Maillard, en bon procédurier, installe dans le vestibule de la prison un tribunal qu'il préside, assis devant une table, le registre d'écrou sous les yeux, et entouré de douze coquins, ses assesseurs. Les tueurs sont placés derrière la porte à guichet qui donne sur la rue Sainte-Marguerite. Un à un, les détenus sont amenés devant le tribunal. En habit gris, la tête poudrée, le sabre au côté, Maillard les interroge avec froideur. Passent d'abord une cinquantaine de Suisses et de gardes du corps emprisonnés depuis le 10 Août.

Pour chacun d'eux, Maillard se borne à prononcer trois mots

- A la Force.

C'est la formule convenue pour déguiser leur arrêt aux condamnés.

La porte s'ouvre. L'un après l'autre on les pousse. Dès qu'ils ont franchi le seuil, ils tombent sous les piques ou les baïonnettes.

La nuit est venue. Le travail (comme dit Billaud-Varenne) se poursuit à la lueur des torches. L'ancien ministre Montmorin comparaît. Le tribunal dit «du i 7 août », auquel il a été déféré

quelques jours plus tôt, l'a acquitté. Le peuple, qui voit en lui un des chefs de la « conspiration royaliste », a protesté avec tant de violences que Danton l'a fait ramener à l'Abbaye. Dédaigneux,

il récuse ces nouveaux juges.

- Soit, dit Maillard, vous irez à la Force.

- Monsieur le Président, puisqu'on vous appelle ainsi, je vous prie de me faire avoir une voiture.

- Vous allez l'avoir, répond Maillard.

Montmorin sort, très digne, et s'affaisse aussitôt, percé de coups.

Thierry, valet de chambre de Louis XVI, lui succède. il crie bravement « Vive le roi » et va trébucher sur le cadavre de Montmorin. La foule, acharnée sur lui, avec une torche lui brûle le visage.

On contraint au milieu des rires le colonel de Saint-Mars à se traîner à genou, une pique enfoncée dans le corps, puis on le décapite.

Plus de trois cents prisonniers sont ainsi « élargis »....

La garde nationale laisse faire. Santerre prétend qu'il n'est pas certain de ses troupes. La Législative, à qui Fauchet a dénoncé la tuerie des Carmes, nomme une députation « pour rétablir le calme ». En font partie, avec d'autres, Dussaulx, Bazire, Chabot, Isnard. Arrivés à l'Abbaye, le vieux Dussaulx se borne à quelques mots patelins, aussitôt ouverts

par des huées. Isnard, l'éloquent Isnard, se tait. Tous ces politiciens sont verts de peur. Dussaulx dit à ses collègues: «Retirons-nous.» Ils reviennent au Manège, rendent compte. L'Assemblée, tranquillement, passe à l'ordre du jour et expédie les affaires courantes...

Danton, averti au sortit du Conseil par Grandpré, l'un des subordonnés de Roland, le repousse, « les yeux lui sortant de la tête, avec le geste d'un furieux» : - Je me f... bien des prisonniers ! Qu'ils deviennent ce qu'ils pourront

Les ministres girondins, dénoncés par Robespierre, attaqués par la Commune qui a lancé un mandat d'arrêt contre Roland et Brissot, ne songent qu'à leur propre salut et montrent une lâcheté navrante. Roland, dans une lettre de timide protestation, écrira à l'Assemblée : « Hier fut un jour sur les événements duquel il faut peut-être jeter un voile. Je sais que le peuple, terrible dans sa vengeance, y porte encore une sorte' de justice. » Quant à la presse girondine, elle fait bonnement l'apologie du massacre...

La nuit entière il a continué à l'Abbaye, puis de là s'est étendu à toutes les prisons, à la Conciergerie, au Châtelet, à la Force, à la Salpêtrière, à Bicêtre. De mieux en mieux organisé, il va durer jusqu'au 6 septembre - cinq jours - sans qu'aucune autorité, ni aucun chef populaire ait essayé de s'y opposer. Les victimes sont de toutes classes : prêtres, aristocrates, voleurs, détenus pour dettes, filles publiques, artisans, manœuvres, jusqu'à des enfants.

A la Force, le matin du 3, vers dix heures, la princesse de Lamballe est tirée de son cachot. Couchée, malade, elle était épouvantée des bruits qu'elle entendait.

Levez-vous, madame, il faut aller à l'Abbaye, lui disent les deux gardes nationaux envoyés pour la chercher.

La malheureuse répond par ses mots ingénus

- Prison pour prison, j'aime autant celle-ci.

On la presse. Tremblante, la tête perdue, elle s'habille et suit les gardes. Qui êtes-vous ? lui demande Hébert, accoudé à sa table.

- Marie-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, murmure-t-elle et s'évanouit.

On l'assied, on lui fait reprendre ses sens et l'interrogatoire continue. Il y a dans les juges, il y a dans la foule qui l'entoure des hommes qui, payés par le duc de Penthièvre, son beau-père, voudraient la sauver. On lui demande ce qu'elle connaît des complots de la cour.

Elle balbutie

- Je n'ai connu aucun complot.

- Faites serment d'aimer la liberté et l'égalité, jurez haine au roi, à la reine, à la royauté.

La menue, timide créature qui, abritée en Angleterre, n'est revenue en France que pour partager les dangers de la reine, sa maîtresse et son amie, se redresse dans sa robe froissée. Un doux héroïsme la soulève

- Je ferai facilement le premier serment, je ne puis faire le second, qui n'est pas dans mon cœur.

- Jurez donc, lui souffle quelqu'un, ou vous êtes morte

Elle ne répond pas, se détourne et cache son visage dans ses mains.

Hébert alors, levant sa tête sèche et dure, prononce le mot fatal.

- Elargissez madame.

Deux hommes la prennent par les bras et l'entraînent dans la rue. Devant l'amas des cadavres dont la plupart sont déjà dépouillés, elle soupire

- Fi ! l'horreur

Un sabre s'abat sur son cou. Elle est percée de plusieurs coups de piques. On la dévêt entièrement. Elle reste ainsi deux heures, étalée nue au coin d'une borne, à la risée lubrique de la foule. Un peu plus tard, on lui coupe la tête, on lui arrache le cœur.

Marat, si grand amateur de sang, devrait être satisfait. Il lui faut mieux encore. Paris ne lui suffît pas; il veut que le massacre, comme à la Saint-Barthélemy, s'étende à la France entière : il fait tirer sur ses presses la circulaire suivante, datée du 3 septembre

« Prévenue que des hordes barbares s'avançaient contre elle, la Commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces, détenus dans les prisons, a été mise à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment ou il allait marcher a' l'ennemi; et sans doute la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l'ont conduite sur les bords de l'abîme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de sa/ut public, et tous les Français s 'écrieront comme les Parisiens «Nous marchons à l'ennemi, mais nous ne laisserons pas derrière nous des brigands pour égorger nos femmes et nos enfants »

Signée de tous les membres du Comité de surveillance, cette circulaire est expédiée aussitôt dans les départements avec le contreseing du ministre de la Justice, apposé par Fabre d'Eglantine, l'âme damnée de Danton.

Danton, pourtant, doit sentir qu'on est allé trop loin, que le vrai Paris ne suit pas. L'interminable tuerie a rempli la population d'horreur. Il obtient la révocation des mandats d'arrêt contre Brissot et Roland. Habilement, il fait échapper Adrien Duport, Talleyrand, Charles de Lameth.

Ce n'est point générosité, mais politique. Car à l'égard des prisonniers d'Orléans, sa conduite est monstrueuse. Il y a là cinquante-trois inculpés qui vont être jugés par la Haute Cour. Le 2 septembre, Danton y envoie son ami Fournier l'Américain, avec une grosse troupe de volontaires, pour les ramener à Paris. Fournier, pirate à la face moustachue et livide, ceinturé de poignards et de pistolets, trompe les magistrats d'Orléans et leur arrache les prisonniers qu'il dirige sur Versailles. Il y a pris rendez-vous pour le 9 avec les égorgeurs que doit lui envoyer le Comité de surveillance. Un ancien Constituant, Alquier, président du Tribunal criminel de Versailles, galope à Paris, avertit Danton du danger où sont les prisonniers et lui demande s'il doit les interroger.

- Que vous importe? répond le ministre de la Justice. Il y a parmi ces gens-là de grands coupables. On ne sait pas encore de quel œil le peuple les verra et jusqu'où peut aller son indignation.

Comme Alquier proteste et invoque sa qualité, Danton l'interrompt

- Ne vous mêlez pas de ces gens-là. Il pourrait en résulter pour vous de grands désagréments.

Il tourne le dos au magistrat qui rentre à Versailles désespéré.

Le lendemain le maire, Hippolyte Ruchaud, essaie au risque de sa vie de sauver les malheureux. En vain ils sont tués dans les chariots qui les ont amenés jusqu'à l'Orangerie. Périssent le duc de Brissac, ancien commandant de la garde constitutionnelle de Louis XVI, les ex-ministres Lessart et d'Abancourt, l'évêque de Mende Castellane, une quarantaine d'autres. Leurs cadavres sont dépouillés, dépecés, et les morceaux accrochés aux grilles du palais de Louis XIV. Les bourreaux se portent ensuite sur la maison d'arrêt où ils dépêchent la plupart des détenus. Ils reviennent à Paris avec leurs chariots sanglants et s'arrêtent, tambours battants, place Vendôme, devant l'hôtel de la Chancellerie.

Danton descend sur le seuil. Fournier lui rend compte de ses actes. Le ministre l'approuve, lui et ses hommes. On l'entend dire à voix haute

- Ce n'est pas le ministre de la Justice, c'est le ministre de la Révolution qui vous félicite

Il se trompe, il n'est que le ministre de l'assassinat.

En province, la criminelle circulaire du 3 septembre trouve moins d'écho que Marat ne l'a espéré. Mais beaucoup d'aristocrates et surtout des prêtres sont tués, le plus souvent par des bandes venues de Paris, à Meaux, à Reims, à Charleville, à Caen, à Lyon. Le duc de La Rochefoucauld, ancien président du Directoire de Paris, est assassiné à Gisors.

Au total, les journées de Septembre à Paris et dans les départements ont fait quatorze cent cinquante morts. De ces morts sont responsables au premier titre Marat, puis Danton, Manuel, Hébert, Billaud-Varenne. Ils y ont eu tous une part directe. Ils ont été constamment derrière le Comité de surveillance qui a réglé le massacre. Robespierre a pu se voiler la face, et, plus tard, se défendre d'avoir donné son approbation, cette approbation pour n'être pas formulée n'est pas moins réelle. Tous ses actes l'établissent; à cet égard, il est aussi coupable que Danton.

Faites sous de tels auspices, les élections de Paris sont extrémistes. Appuyée par la Commune et par Danton, la liste maratiste triomphe. Robespierre est le premier élu; dans les derniers figurent le duc d'Orléans, élu sur l'insistance de Danton, et qui s'intitule désormais le «citoyen Egalité ». Pétion, écrasé, est obligé d'aller se faire mandater par l'Eure-et-Loir.

Dans les départements, l'élection est plus calme. Quoique fort animé contre Louis XVI, le pays ne se prononce pas nettement pour l'abolition de la monarchie. Il montre de la répugnance à briser une si ancienne tradition.

Après tant de fautes, la Législative du moins n'a pas commis celle où tomba la Constituante d'exclure les députés sortants de la nouvelle Assemblée. Un grand nombre d'entre eux et aussi de Constituants sont renvoyés à la Convention.

Les Girondins espéraient mieux des élections. Ils mesurent maintenant à leur résultat les excitations de Marat, la démagogie de Danton, la prééminence que s'est ménagée Robespierre. Dans les derniers jours laissés à la Législative avant que sa session soit close, ils essaient de réagir. Vergniaud, le premier, se dresse contre l'odieux Comité de surveillance. Il demande que la Commune réponde tête pour tête de la sûreté des prisonniers dont elle a de nouveau rempli les maisons de force. Beau discours, trop tardif, et qu'on sent trop dû à l'échec électoral. L'Assemblée, les tribunes applaudissent. La Commune inquiète feint de se soumettre, elle casse son Comité et arrête quelques mesures pour la sécurité des citoyens.

Ce sera toujours sa tactique. Quand le pouvoir, c'est-à-dire l'Assemblée, montre de l'énergie, la Commune s'incline. Dès qu'il faiblit sa tyrannie reparaît. 
</description><content:encoded><![CDATA[<br />
Depuis la veille, des rumeurs sinistres courent la ville. On parle d'une conspiration des aristocrates et des prêtres. On parle aussi d'un massacre général des suspects. Des placards meurtriers signés «Marat» tapissent les murs. L'atmosphère est lourde, il y traîne comme une odeur de sang.<br />
<br />
Le journaliste Prud'homme, lié avec Danton, court s'informer près de lui - Tout espèce de mesure modérée est inutile, déclare le ministre. La colère du peuple est à son comble, il y aurait du danger à l'arrêter. Sa première fureur assouvie, on pourra lui faire entendre raison.<br />
<br />
Le massacre est donc prémédité Marat l'ordonne, la Commune l'organise, Danton l'approuve. Il veut, en frappant de terreur les électeurs de la Convention prochaine, les détacher des Girondins, les rendre dantonistes.<br />
<br />
La boucherie commence avec l'égorgement de vingt-trois prêtres réfractaires à la prison de l'Abbaye par des fédérés marseillais et bretons. Billaud-Varenne, substitut du procureur de la Commune, les pieds dans une boue rouge, s'écrie : « Peuple, tu immoles tes ennemis, tu fais ton devoir i » Maillard, le Maillard du 14 Juillet et des jours d'Octobre, qui se trouve là aussi, dit alors: - Plus rien 'à faire ici, allons aux Carmes.<br />
<br />
Une bande, provenant des sections du Luxembourg et des Quatre-Nations, le suit au couvent des Carmes où sont renfermés cent cinquante prêtres insermentés. A l'arrivée des assassins, ils courent s'agenouiller à la chapelle. Ils sont tués à coups de pique, de hache et de bâton. L'archevêque d'Arles meurt en martyr. Sont abattus après lui les deux frères La Rochefoucauld, évêques de Saintes et de Beauvais, le confesseur roi Hébert, le général des Bénédictins Dom Chevreul. Des religieux ont fui dans le jardin. Ils sont traqués d'arbre en arbre, tirés comme un gibier. Bien peu, escaladant les murs, peuvent se réfugier dans les maisons voisines.<br />
<br />
Après avoir bu, la horde retourne à l'Abbaye encore pleine de prisonniers. Exécuteur des ordres de Comité de surveillance, Maillard, en bon procédurier, installe dans le vestibule de la prison un tribunal qu'il préside, assis devant une table, le registre d'écrou sous les yeux, et entouré de douze coquins, ses assesseurs. Les tueurs sont placés derrière la porte à guichet qui donne sur la rue Sainte-Marguerite. Un à un, les détenus sont amenés devant le tribunal. En habit gris, la tête poudrée, le sabre au côté, Maillard les interroge avec froideur. Passent d'abord une cinquantaine de Suisses et de gardes du corps emprisonnés depuis le 10 Août.<br />
<br />
Pour chacun d'eux, Maillard se borne à prononcer trois mots<br />
<br />
- A la Force.<br />
<br />
C'est la formule convenue pour déguiser leur arrêt aux condamnés.<br />
<br />
La porte s'ouvre. L'un après l'autre on les pousse. Dès qu'ils ont franchi le seuil, ils tombent sous les piques ou les baïonnettes.<br />
<br />
La nuit est venue. Le travail (comme dit Billaud-Varenne) se poursuit à la lueur des torches. L'ancien ministre Montmorin comparaît. Le tribunal dit «du i 7 août », auquel il a été déféré<br />
<br />
quelques jours plus tôt, l'a acquitté. Le peuple, qui voit en lui un des chefs de la « conspiration royaliste », a protesté avec tant de violences que Danton l'a fait ramener à l'Abbaye. Dédaigneux,<br />
<br />
il récuse ces nouveaux juges.<br />
<br />
- Soit, dit Maillard, vous irez à la Force.<br />
<br />
- Monsieur le Président, puisqu'on vous appelle ainsi, je vous prie de me faire avoir une voiture.<br />
<br />
- Vous allez l'avoir, répond Maillard.<br />
<br />
Montmorin sort, très digne, et s'affaisse aussitôt, percé de coups.<br />
<br />
Thierry, valet de chambre de Louis XVI, lui succède. il crie bravement « Vive le roi » et va trébucher sur le cadavre de Montmorin. La foule, acharnée sur lui, avec une torche lui brûle le visage.<br />
<br />
On contraint au milieu des rires le colonel de Saint-Mars à se traîner à genou, une pique enfoncée dans le corps, puis on le décapite.<br />
<br />
Plus de trois cents prisonniers sont ainsi « élargis »....<br />
<br />
La garde nationale laisse faire. Santerre prétend qu'il n'est pas certain de ses troupes. La Législative, à qui Fauchet a dénoncé la tuerie des Carmes, nomme une députation « pour rétablir le calme ». En font partie, avec d'autres, Dussaulx, Bazire, Chabot, Isnard. Arrivés à l'Abbaye, le vieux Dussaulx se borne à quelques mots patelins, aussitôt ouverts<br />
<br />
par des huées. Isnard, l'éloquent Isnard, se tait. Tous ces politiciens sont verts de peur. Dussaulx dit à ses collègues: «Retirons-nous.» Ils reviennent au Manège, rendent compte. L'Assemblée, tranquillement, passe à l'ordre du jour et expédie les affaires courantes...<br />
<br />
Danton, averti au sortit du Conseil par Grandpré, l'un des subordonnés de Roland, le repousse, « les yeux lui sortant de la tête, avec le geste d'un furieux» : - Je me f... bien des prisonniers ! Qu'ils deviennent ce qu'ils pourront<br />
<br />
Les ministres girondins, dénoncés par Robespierre, attaqués par la Commune qui a lancé un mandat d'arrêt contre Roland et Brissot, ne songent qu'à leur propre salut et montrent une lâcheté navrante. Roland, dans une lettre de timide protestation, écrira à l'Assemblée : « Hier fut un jour sur les événements duquel il faut peut-être jeter un voile. Je sais que le peuple, terrible dans sa vengeance, y porte encore une sorte' de justice. » Quant à la presse girondine, elle fait bonnement l'apologie du massacre...<br />
<br />
La nuit entière il a continué à l'Abbaye, puis de là s'est étendu à toutes les prisons, à la Conciergerie, au Châtelet, à la Force, à la Salpêtrière, à Bicêtre. De mieux en mieux organisé, il va durer jusqu'au 6 septembre - cinq jours - sans qu'aucune autorité, ni aucun chef populaire ait essayé de s'y opposer. Les victimes sont de toutes classes : prêtres, aristocrates, voleurs, détenus pour dettes, filles publiques, artisans, manœuvres, jusqu'à des enfants.<br />
<br />
A la Force, le matin du 3, vers dix heures, la princesse de Lamballe est tirée de son cachot. Couchée, malade, elle était épouvantée des bruits qu'elle entendait.<br />
<br />
Levez-vous, madame, il faut aller à l’Abbaye, lui disent les deux gardes nationaux envoyés pour la chercher.<br />
<br />
La malheureuse répond par ses mots ingénus<br />
<br />
- Prison pour prison, j'aime autant celle-ci.<br />
<br />
On la presse. Tremblante, la tête perdue, elle s'habille et suit les gardes. Qui êtes-vous ? lui demande Hébert, accoudé à sa table.<br />
<br />
- Marie-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, murmure-t-elle et s'évanouit.<br />
<br />
On l'assied, on lui fait reprendre ses sens et l'interrogatoire continue. Il y a dans les juges, il y a dans la foule qui l'entoure des hommes qui, payés par le duc de Penthièvre, son beau-père, voudraient la sauver. On lui demande ce qu'elle connaît des complots de la cour.<br />
<br />
Elle balbutie<br />
<br />
- Je n'ai connu aucun complot.<br />
<br />
- Faites serment d'aimer la liberté et l'égalité, jurez haine au roi, à la reine, à la royauté.<br />
<br />
La menue, timide créature qui, abritée en Angleterre, n'est revenue en France que pour partager les dangers de la reine, sa maîtresse et son amie, se redresse dans sa robe froissée. Un doux héroïsme la soulève<br />
<br />
- Je ferai facilement le premier serment, je ne puis faire le second, qui n'est pas dans mon cœur.<br />
<br />
- Jurez donc, lui souffle quelqu'un, ou vous êtes morte<br />
<br />
Elle ne répond pas, se détourne et cache son visage dans ses mains.<br />
<br />
Hébert alors, levant sa tête sèche et dure, prononce le mot fatal.<br />
<br />
- Elargissez madame.<br />
<br />
Deux hommes la prennent par les bras et l'entraînent dans la rue. Devant l'amas des cadavres dont la plupart sont déjà dépouillés, elle soupire<br />
<br />
- Fi ! l'horreur<br />
<br />
Un sabre s'abat sur son cou. Elle est percée de plusieurs coups de piques. On la dévêt entièrement. Elle reste ainsi deux heures, étalée nue au coin d'une borne, à la risée lubrique de la foule. Un peu plus tard, on lui coupe la tête, on lui arrache le cœur.<br />
<br />
Marat, si grand amateur de sang, devrait être satisfait. Il lui faut mieux encore. Paris ne lui suffît pas; il veut que le massacre, comme à la Saint-Barthélemy, s'étende à la France entière : il fait tirer sur ses presses la circulaire suivante, datée du 3 septembre<br />
<br />
« Prévenue que des hordes barbares s'avançaient contre elle, la Commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces, détenus dans les prisons, a été mise à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur les légions de traîtres cachés dans ses murs, au moment ou il allait marcher a' l'ennemi; et sans doute la nation entière, après la longue suite de trahisons qui l'ont conduite sur les bords de l'abîme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de sa/ut public, et tous les Français s 'écrieront comme les Parisiens «Nous marchons à l'ennemi, mais nous ne laisserons pas derrière nous des brigands pour égorger nos femmes et nos enfants »<br />
<br />
Signée de tous les membres du Comité de surveillance, cette circulaire est expédiée aussitôt dans les départements avec le contreseing du ministre de la Justice, apposé par Fabre d’Eglantine, l'âme damnée de Danton.<br />
<br />
Danton, pourtant, doit sentir qu'on est allé trop loin, que le vrai Paris ne suit pas. L'interminable tuerie a rempli la population d'horreur. Il obtient la révocation des mandats d'arrêt contre Brissot et Roland. Habilement, il fait échapper Adrien Duport, Talleyrand, Charles de Lameth.<br />
<br />
Ce n'est point générosité, mais politique. Car à l'égard des prisonniers d'Orléans, sa conduite est monstrueuse. Il y a là cinquante-trois inculpés qui vont être jugés par la Haute Cour. Le 2 septembre, Danton y envoie son ami Fournier l'Américain, avec une grosse troupe de volontaires, pour les ramener à Paris. Fournier, pirate à la face moustachue et livide, ceinturé de poignards et de pistolets, trompe les magistrats d'Orléans et leur arrache les prisonniers qu'il dirige sur Versailles. Il y a pris rendez-vous pour le 9 avec les égorgeurs que doit lui envoyer le Comité de surveillance. Un ancien Constituant, Alquier, président du Tribunal criminel de Versailles, galope à Paris, avertit Danton du danger où sont les prisonniers et lui demande s'il doit les interroger.<br />
<br />
- Que vous importe? répond le ministre de la Justice. Il y a parmi ces gens-là de grands coupables. On ne sait pas encore de quel œil le peuple les verra et jusqu'où peut aller son indignation.<br />
<br />
Comme Alquier proteste et invoque sa qualité, Danton l'interrompt<br />
<br />
- Ne vous mêlez pas de ces gens-là. Il pourrait en résulter pour vous de grands désagréments.<br />
<br />
Il tourne le dos au magistrat qui rentre à Versailles désespéré.<br />
<br />
Le lendemain le maire, Hippolyte Ruchaud, essaie au risque de sa vie de sauver les malheureux. En vain ils sont tués dans les chariots qui les ont amenés jusqu'à l'Orangerie. Périssent le duc de Brissac, ancien commandant de la garde constitutionnelle de Louis XVI, les ex-ministres Lessart et d'Abancourt, l'évêque de Mende Castellane, une quarantaine d'autres. Leurs cadavres sont dépouillés, dépecés, et les morceaux accrochés aux grilles du palais de Louis XIV. Les bourreaux se portent ensuite sur la maison d'arrêt où ils dépêchent la plupart des détenus. Ils reviennent à Paris avec leurs chariots sanglants et s'arrêtent, tambours battants, place Vendôme, devant l'hôtel de la Chancellerie.<br />
<br />
Danton descend sur le seuil. Fournier lui rend compte de ses actes. Le ministre l'approuve, lui et ses hommes. On l'entend dire à voix haute<br />
<br />
- Ce n'est pas le ministre de la Justice, c'est le ministre de la Révolution qui vous félicite<br />
<br />
Il se trompe, il n'est que le ministre de l'assassinat.<br />
<br />
En province, la criminelle circulaire du 3 septembre trouve moins d'écho que Marat ne l'a espéré. Mais beaucoup d'aristocrates et surtout des prêtres sont tués, le plus souvent par des bandes venues de Paris, à Meaux, à Reims, à Charleville, à Caen, à Lyon. Le duc de La Rochefoucauld, ancien président du Directoire de Paris, est assassiné à Gisors.<br />
<br />
Au total, les journées de Septembre à Paris et dans les départements ont fait quatorze cent cinquante morts. De ces morts sont responsables au premier titre Marat, puis Danton, Manuel, Hébert, Billaud-Varenne. Ils y ont eu tous une part directe. Ils ont été constamment derrière le Comité de surveillance qui a réglé le massacre. Robespierre a pu se voiler la face, et, plus tard, se défendre d'avoir donné son approbation, cette approbation pour n'être pas formulée n'est pas moins réelle. Tous ses actes l'établissent; à cet égard, il est aussi coupable que Danton.<br />
<br />
Faites sous de tels auspices, les élections de Paris sont extrémistes. Appuyée par la Commune et par Danton, la liste maratiste triomphe. Robespierre est le premier élu; dans les derniers figurent le duc d'Orléans, élu sur l'insistance de Danton, et qui s'intitule désormais le «citoyen Egalité ». Pétion, écrasé, est obligé d'aller se faire mandater par l'Eure-et-Loir.<br />
<br />
Dans les départements, l'élection est plus calme. Quoique fort animé contre Louis XVI, le pays ne se prononce pas nettement pour l'abolition de la monarchie. Il montre de la répugnance à briser une si ancienne tradition.<br />
<br />
Après tant de fautes, la Législative du moins n'a pas commis celle où tomba la Constituante d'exclure les députés sortants de la nouvelle Assemblée. Un grand nombre d'entre eux et aussi de Constituants sont renvoyés à la Convention.<br />
<br />
Les Girondins espéraient mieux des élections. Ils mesurent maintenant à leur résultat les excitations de Marat, la démagogie de Danton, la prééminence que s'est ménagée Robespierre. Dans les derniers jours laissés à la Législative avant que sa session soit close, ils essaient de réagir. Vergniaud, le premier, se dresse contre l'odieux Comité de surveillance. Il demande que la Commune réponde tête pour tête de la sûreté des prisonniers dont elle a de nouveau rempli les maisons de force. Beau discours, trop tardif, et qu'on sent trop dû à l'échec électoral. L'Assemblée, les tribunes applaudissent. La Commune inquiète feint de se soumettre, elle casse son Comité et arrête quelques mesures pour la sécurité des citoyens.<br />
<br />
Ce sera toujours sa tactique. Quand le pouvoir, c'est-à-dire l'Assemblée, montre de l'énergie, la Commune s'incline. Dès qu'il faiblit sa tyrannie reparaît. <br />
]]></content:encoded><dc:creator>Et-in-Arkadia-ego</dc:creator><dc:date>2007-09-02T08:02:41+01:00</dc:date></item><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] 1er Septembre 1715 : la mort du Grand Roy.</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070901071802/1er-septembre-1715-la-mort-du-grand-roy/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070901071802/1er-septembre-1715-la-mort-du-grand-roy/</guid><description>


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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/t/et-in-arkadia-ego/20070901-21187420046d8f5d509559.jpg" width="820" height="700" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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]]></content:encoded><dc:creator>Et-in-Arkadia-ego</dc:creator><dc:date>2007-09-01T07:18:02+01:00</dc:date></item><item><title>[Et-in-Arkadia-ego] 23 août 1883 : la disparition d'Henry V.</title><link>http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070824083331/23-aout-1883-la-disparition-d-henry-v/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.et-in-arkadia-ego.gayattitude.com/20070824083331/23-aout-1883-la-disparition-d-henry-v/</guid><description>
Après le tragique assassinat de son père, Charles-Ferdinand d'Artois, duc de Berry, le 14 février 1820, le duc de Bordeaux naît le 29 septembre 1820. La ferveur populaire le nomme: l'enfant du miracle, car sur ce nouveau-né repose tout l'avenir de la branche aînée des Capétiens.

Après dix ans d'insouciance à la cour de France, la révolution de 1830 marque un premier bouleversement dans la vie du duc de Bordeaux. Le 2 Août 1830, son grand-père Charles X est contraint d'abdiquer, tout comme son oncle le duc d'Angoulême: le duc de Bordeaux, se retrouve donc le seul héritier légitime du trône. Mais alors que le duc d'Orléans - pourtant nommé par Charles X lieutenant général du royaume - se fait aussitôt élire roi des Français, cela va être pour la branche aînée, l'exil. 
A la mort de Charles X, le duc de Bordeaux prend sa relève à la tête de la Maison de France, et une souscription nationale lui offre le domaine de Chambord, dont il prend le titre. Il n'a pas un grand choix de princesses en raison du blocus matrimonial exercé par Louis-Philippe d'Orléans et il doit se contenter d'épouser l'archiduchesse Marie-Thérèse, sœur aînée de Marie-Béatrice d'Autriche-Este, princesse de Modène, fille du duc François IV. Après la mort accidentelle du jeune héritier de Louis-Philippe le 13 juillet 1842, alors que la question de la régence divise la France, le Comte de Chambord en profite pour rassembler autour de lui à Londres l'élite des partisans de la branche aînée, froissant au passage la Reine Victoria, qui elle, se rapproche peu à peu de la monarchie de juillet.

A la suite à la révolution de 1848, les Orléans à leur tour connaissent l'exil, et Louis-Philippe, lui-même, avant de mourir le 26 août 1850 précise, contre l'avis de son entourage, que le comte de Chambord demeure le seul héritier légitime de la couronne. Cependant la division entre les deux branches demeure, et la réussite du coup d'Etat bonapartiste du 2 décembre 1851 en est la preuve. Cette division est d'autant plus absurde que le Comte de Chambord n'ayant pas d'héritier, la branche cadette semblee sûre de recueillir la succession (ce qui n'est pas l'avis du Comte de Chambord qui marquera bien, par ses dispositions testamentaires, qu'il connaît bien les règles de dévolution de la Couronne et que ses héritiers sont les descendants de Philippe V, duc d'Anjou devenu Roi d'Espagne).

La défaite de Sedan en 1870 marque la fin du second Empire, et les élections du 28 janvier 1871 donnent une chambre aux deux tiers royaliste. Malgré cette majorité, la chambre refuse de faire appel au comte de Chambord, pour éviter de lui faire endosser la défaite, et de le faire &quot; rentrer dans les fourgons de l'Etranger &quot;, préférant attendre le départ des Allemands pour une éventuelle restauration. Le 8 juin 1871 est abrogée la loi d'exil : les princes peuvent rentrer en France. Le Comte de Chambord n'est pas l'être borné que l'histoire officielle présente, ce n'est pas la seule condition du rétablissement du drapeau blanc, qui est la cause de l'échec de la restauration de la monarchie. Si la négociation n'aboutit pas, c'est parce que le Comte de Chambord ne peut brader les principes d'une authentique royauté selon les principes traditionnels et oblitérer l'héritage par des compromissions avec les théories politiques héritées de la révolution... Il repart donc en exil après un bref séjour.

A l'automne 1873, alors que la &quot;république sans les républicains&quot; semble en plein désarroi quand à son avenir, il revient incognito en France et réside 10 jours à Versailles, mais Mac-Mahon lui refuse toute entrevue et fait alors voter le septennat : la république s'installe pour durer.

Après cette dernière restauration manquée, le comte de Chambord meurt le 24 août 1883 à Frohsdorf. Il est enterré à Goritz (aujourd'hui Slovénie). 



La disparition sans postérité d'Henri V en 1883, fut et demeure une tragédie. En effet, avec lui disparaît non seulement la branche aînée des Bourbon, mais aussi, et surtout, une certaine conception du royalisme : qu'on le veuille ou non, le comte de Chambord aura été le dernier de nos princes réellement désiré de ses sujets. Le royalisme sera différent après sa mort : plus polémique, plus militant, plus intellectuel, et moins enraciné ; bref, après lui, l'attachement quasi-charnel de presque tout un peuple pour son prince n'existera plus. Ayant dorénavant à choisir entre une branche cadette et régicide, et une branche aînée mais étrangère, les royalistes seront divisés par des doctrines, et le royalisme se rapprochera plus d'un parti comme les autres au lieu de rester un principe qui les transcende. En conséquence, aujourd'hui, de nombreux royalistes restent désemparés, et ne semblent pas oser imaginer un royalisme moderne comme une réelle force politique, et faute de mieux restent attachés au souvenir de ce prince à la vie aussi exemplaire que semée d'épreuves, aussi héroïque que tragique.
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Après le tragique assassinat de son père, Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, le 14 février 1820, le duc de Bordeaux naît le 29 septembre 1820. La ferveur populaire le nomme: l'enfant du miracle, car sur ce nouveau-né repose tout l'avenir de la branche aînée des Capétiens.<br />
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Après dix ans d’insouciance à la cour de France, la révolution de 1830 marque un premier bouleversement dans la vie du duc de Bordeaux. Le 2 Août 1830, son grand-père Charles X est contraint d'abdiquer, tout comme son oncle le duc d’Angoulême: le duc de Bordeaux, se retrouve donc le seul héritier légitime du trône. Mais alors que le duc d’Orléans - pourtant nommé par Charles X lieutenant général du royaume - se fait aussitôt élire roi des Français, cela va être pour la branche aînée, l’exil. <br />
A la mort de Charles X, le duc de Bordeaux prend sa relève à la tête de la Maison de France, et une souscription nationale lui offre le domaine de Chambord, dont il prend le titre. Il n’a pas un grand choix de princesses en raison du blocus matrimonial exercé par Louis-Philippe d’Orléans et il doit se contenter d'épouser l’archiduchesse Marie-Thérèse, sœur aînée de Marie-Béatrice d’Autriche-Este, princesse de Modène, fille du duc François IV. Après la mort accidentelle du jeune héritier de Louis-Philippe le 13 juillet 1842, alors que la question de la régence divise la France, le Comte de Chambord en profite pour rassembler autour de lui à Londres l’élite des partisans de la branche aînée, froissant au passage la Reine Victoria, qui elle, se rapproche peu à peu de la monarchie de juillet.<br />
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A la suite à la révolution de 1848, les Orléans à leur tour connaissent l’exil, et Louis-Philippe, lui-même, avant de mourir le 26 août 1850 précise, contre l’avis de son entourage, que le comte de Chambord demeure le seul héritier légitime de la couronne. Cependant la division entre les deux branches demeure, et la réussite du coup d’Etat bonapartiste du 2 décembre 1851 en est la preuve. Cette division est d’autant plus absurde que le Comte de Chambord n’ayant pas d’héritier, la branche cadette semblee sûre de recueillir la succession (ce qui n'est pas l'avis du Comte de Chambord qui marquera bien, par ses dispositions testamentaires, qu'il connaît bien les règles de dévolution de la Couronne et que ses héritiers sont les descendants de Philippe V, duc d'Anjou devenu Roi d'Espagne).<br />
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La défaite de Sedan en 1870 marque la fin du second Empire, et les élections du 28 janvier 1871 donnent une chambre aux deux tiers royaliste. Malgré cette majorité, la chambre refuse de faire appel au comte de Chambord, pour éviter de lui faire endosser la défaite, et de le faire " rentrer dans les fourgons de l’Etranger ", préférant attendre le départ des Allemands pour une éventuelle restauration. Le 8 juin 1871 est abrogée la loi d’exil : les princes peuvent rentrer en France. Le Comte de Chambord n'est pas l'être borné que l'histoire officielle présente, ce n'est pas la seule condition du rétablissement du drapeau blanc, qui est la cause de l'échec de la restauration de la monarchie. Si la négociation n’aboutit pas, c'est parce que le Comte de Chambord ne peut brader les principes d'une authentique royauté selon les principes traditionnels et oblitérer l'héritage par des compromissions avec les théories politiques héritées de la révolution... Il repart donc en exil après un bref séjour.<br />
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A l'automne 1873, alors que la "république sans les républicains" semble en plein désarroi quand à son avenir, il revient incognito en France et réside 10 jours à Versailles, mais Mac-Mahon lui refuse toute entrevue et fait alors voter le septennat : la république s'installe pour durer.<br />
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Après cette dernière restauration manquée, le comte de Chambord meurt le 24 août 1883 à Frohsdorf. Il est enterré à Goritz (aujourd'hui Slovénie). <br />
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<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/e/t/et-in-arkadia-ego/20070824-198220953946ce78b4eba3f.jpg" width="500" height="577" border="1" alt="" title="" /></div><br />
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La disparition sans postérité d’Henri V en 1883, fut et demeure une tragédie. En effet, avec lui disparaît non seulement la branche aînée des Bourbon, mais aussi, et surtout, une certaine conception du royalisme : qu’on le veuille ou non, le comte de Chambord aura été le dernier de nos princes réellement désiré de ses sujets. Le royalisme sera différent après sa mort : plus polémique, plus militant, plus intellectuel, et moins enraciné ; bref, après lui, l’attachement quasi-charnel de presque tout un peuple pour son prince n’existera plus. Ayant dorénavant à choisir entre une branche cadette et régicide, et une branche aînée mais étrangère, les royalistes seront divisés par des doctrines, et le royalisme se rapprochera plus d’un parti comme les autres au lieu de rester un principe qui les transcende. En conséquence, aujourd’hui, de nombreux royalistes restent désemparés, et ne semblent pas oser imaginer un royalisme moderne comme une réelle force politique, et faute de mieux restent attachés au souvenir de ce prince à la vie aussi exemplaire que semée d’épreuves, aussi héroïque que tragique.<br />
]]></content:encoded><dc:creator>Et-in-Arkadia-ego</dc:creator><dc:date>2007-08-24T08:33:31+01:00</dc:date></item><item><title>[Pasquinus-ridens] Le regard d'un grand écrivain : </title><link>http://blog.pasquinus-ridens.gayattitude.com/20070818222216/le-regard-d-un-grand-ecrivain/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.pasquinus-ridens.gayattitude.com/20070818222216/le-regard-d-un-grand-ecrivain/</guid><description>
Hippolyte Taine, 
in &quot;Les Origines de la France Contemporaine, la Conquête jacobine&quot;, 1881,
 pages 1-4. 

&quot; Ce qu'il y a de pire dans l'anarchie, ce n'est pas tant l'absence du gouvernement détruit que la naissance des gouvernements nouveaux et d'espèce inférieure. En tout État qui s'est dissous, il se forme des bandes conquérantes et souveraines : tel fut le cas en Gaule après la chute de l'empire romain et sous les derniers descendants de Charlemagne; tel est le cas aujourd'hui en Roumélie et au Mexique. Aventuriers, malfaiteurs, gens tarés ou déclassés, hommes perdus de dettes et d'honneur, vagabonds, déserteurs et soudards, tous les ennemis-nés du travail, de la subordination et de la loi se liguent pour franchir ensemble les barrières vermoulues qui retiennent encore la foule moutonnière, et, comme ils n'ont pas de scrupules, ils tuent à tout propos. Sur ce fondement s'établit leur autorité : à leur tour, ils règnent, chacun dans son canton, et leur gouvernement, aussi brut que leur nature, se compose de vols et de meurtres; on ne peut attendre autre chose de barbares et de brigands.
Mais jamais ils ne sont si dangereux que dans un grand Etat récemment dissous, où une révolution brusque leur a mis en main le pouvoir central; car alors ils se croient les héritiers légitimes du gouvernement déchu, et, à ce titre, ils entreprennent de conduire la chose publique. Or, en temps d'anarchie, la volonté ne vient pas d'en haut, mais d'en bas, et les chefs, pour rester chefs, sont tenus de suivre l'aveugle impulsion de leur troupe. C'est pourquoi le personnage important et dominant, celui dont la pensée prévaut, le vrai successeur de Richelieu et de Louis XIV, est ici le Jacobin subalterne, le pilier de club, le faiseur de motions, l'émeutier de la rue... ou, plus bas encore, le premier venu de leurs hommes, le tape-dur marseillais, la canonnier du faubourg, le fort de la halle qui a bu et, entre deux hoquets, élabore ses conceptions politiques. -- Pour toute information, il a des rumeurs de carrefour qui lui montrent un traître dans chaque maison, et, pour tout acquis, des phrases de club qui l'appellent à mener la grande machine. Une machine si vaste et si compliquée, un tel ensemble de services enchevêtrés les uns dans les autres et ramifiés en offices innombrables, tant d'appareils si spéciaux, si délicats et qu'il faut incessamment adapter aux circonstances changeantes, diplomatie, finances, justice, armée, administration, tout cela déborde au delà de sa compréhension si courte : on ne fait pas tenir un muids dans une bouteille. Dans sa cervelle étroite, faussée et bouleversée par l'entassement des notions disproportionnées qu'on y verse, il ne se dépose qu'une idée simple, appropriée à la grossièreté de ses aptitudes et de ses instincts, je veux dire l'envie de tuer ses ennemis, qui sont aussi les ennemis de l'Etat, quels qu'ils soient, déclarés, dissimulés, présents, futurs, probables ou même possibles. Il porte sa brutalité et son effarement dans la politique, et voilà pourquoi son usurpation est si malfaisante. Simple brigand, il n'eût tué que pour voler, ce qui eût limité ses meurtres. Représentant de l'Etat, il entreprend le massacre en grand, et il a des moyens de l'accomplir. -- Car il n'a pas encore eu le temps de détraquer le vieil outillage administratif; du moins les rouages subalternes, gendarmes, geôliers, employés, scribes et comptables, sont toujours à leur place et sous la main. De la part des gens qu'on arrêtera, point de résistance; accoutumés à la protection des lois et à la douceur des moeurs, ils n'ont jamais compté sur leurs bras pour se défendre, et n'imaginent pas qu'on veuille tuer si sommairement. Quant à la foule, dépouillée de toute initiative par la centralisation ancienne, elle est inerte, passive, et laissera faire. -- C'est pourquoi, pendant plusieurs longues journées successives, sans hâte ni encombre, avec des écritures correctes et des comptes en règle, on pourra procéder au massacre comme à une opération de voirie, aussi impunément et aussi méthodiquement qu'à l'enlèvement des boues ou à l'abatage des chiens errants.&quot;

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Hippolyte Taine, <br />
in "Les Origines de la France Contemporaine, la Conquête jacobine", 1881,<br />
 pages 1-4. <br />
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" Ce qu'il y a de pire dans l'anarchie, ce n'est pas tant l'absence du gouvernement détruit que la naissance des gouvernements nouveaux et d'espèce inférieure. En tout État qui s'est dissous, il se forme des bandes conquérantes et souveraines : tel fut le cas en Gaule après la chute de l'empire romain et sous les derniers descendants de Charlemagne; tel est le cas aujourd'hui en Roumélie et au Mexique. Aventuriers, malfaiteurs, gens tarés ou déclassés, hommes perdus de dettes et d'honneur, vagabonds, déserteurs et soudards, tous les ennemis-nés du travail, de la subordination et de la loi se liguent pour franchir ensemble les barrières vermoulues qui retiennent encore la foule moutonnière, et, comme ils n'ont pas de scrupules, ils tuent à tout propos. Sur ce fondement s'établit leur autorité : à leur tour, ils règnent, chacun dans son canton, et leur gouvernement, aussi brut que leur nature, se compose de vols et de meurtres; on ne peut attendre autre chose de barbares et de brigands.<br />
Mais jamais ils ne sont si dangereux que dans un grand Etat récemment dissous, où une révolution brusque leur a mis en main le pouvoir central; car alors ils se croient les héritiers légitimes du gouvernement déchu, et, à ce titre, ils entreprennent de conduire la chose publique. Or, en temps d'anarchie, la volonté ne vient pas d'en haut, mais d'en bas, et les chefs, pour rester chefs, sont tenus de suivre l'aveugle impulsion de leur troupe. C'est pourquoi le personnage important et dominant, celui dont la pensée prévaut, le vrai successeur de Richelieu et de Louis XIV, est ici le Jacobin subalterne, le pilier de club, le faiseur de motions, l'émeutier de la rue... ou, plus bas encore, le premier venu de leurs hommes, le tape-dur marseillais, la canonnier du faubourg, le fort de la halle qui a bu et, entre deux hoquets, élabore ses conceptions politiques. -- Pour toute information, il a des rumeurs de carrefour qui lui montrent un traître dans chaque maison, et, pour tout acquis, des phrases de club qui l'appellent à mener la grande machine. Une machine si vaste et si compliquée, un tel ensemble de services enchevêtrés les uns dans les autres et ramifiés en offices innombrables, tant d'appareils si spéciaux, si délicats et qu'il faut incessamment adapter aux circonstances changeantes, diplomatie, finances, justice, armée, administration, tout cela déborde au delà de sa compréhension si courte : on ne fait pas tenir un muids dans une bouteille. Dans sa cervelle étroite, faussée et bouleversée par l'entassement des notions disproportionnées qu'on y verse, il ne se dépose qu'une idée simple, appropriée à la grossièreté de ses aptitudes et de ses instincts, je veux dire l'envie de tuer ses ennemis, qui sont aussi les ennemis de l'Etat, quels qu'ils soient, déclarés, dissimulés, présents, futurs, probables ou même possibles. Il porte sa brutalité et son effarement dans la politique, et voilà pourquoi son usurpation est si malfaisante. Simple brigand, il n'eût tué que pour voler, ce qui eût limité ses meurtres. Représentant de l'Etat, il entreprend le massacre en grand, et il a des moyens de l'accomplir. -- Car il n'a pas encore eu le temps de détraquer le vieil outillage administratif; du moins les rouages subalternes, gendarmes, geôliers, employés, scribes et comptables, sont toujours à leur place et sous la main. De la part des gens qu'on arrêtera, point de résistance; accoutumés à la protection des lois et à la douceur des moeurs, ils n'ont jamais compté sur leurs bras pour se défendre, et n'imaginent pas qu'on veuille tuer si sommairement. Quant à la foule, dépouillée de toute initiative par la centralisation ancienne, elle est inerte, passive, et laissera faire. -- C'est pourquoi, pendant plusieurs longues journées successives, sans hâte ni encombre, avec des écritures correctes et des comptes en règle, on pourra procéder au massacre comme à une opération de voirie, aussi impunément et aussi méthodiquement qu'à l'enlèvement des boues ou à l'abatage des chiens errants."<br />
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]]></content:encoded><dc:creator>Pasquinus-ridens</dc:creator><dc:date>2007-08-18T22:22:16+01:00</dc:date></item><item><title>[AStoRg] Merci Saint-Père !</title><link>http://blog.astorg.gayattitude.com/20070802014432/merci-saint-pere/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.astorg.gayattitude.com/20070802014432/merci-saint-pere/</guid><description></description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><object width="425" height="350"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/AEi9JJswEa4"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/AEi9JJswEa4" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="425" height="350"></embed></object></div>]]></content:encoded><dc:creator>AStoRg</dc:creator><dc:date>2007-08-02T01:44:32+01:00</dc:date></item></channel></rss>